“On démarre à 29, on doit finir à 29”
Cet entretien s’inscrit dans une série de témoignages de colistiers engagés dans une campagne pour les élections municipales de 2026. Tous partagent la même conviction : la qualité relationnelle peut transformer la manière de faire de la politique municipale.

David Claustre raconte comment la collégialité, le dialogue et la confiance sont devenus les fondations d’une campagne municipale menée à plusieurs voix.
1- Votre relation avec Myriam Fougère semble particulière : vous n’avez pas suivi le même processus que les autres colistiers, qui ont tous eu un entretien individuel avec elle. Pouvez-vous nous en parler ?
David Claustre. Oui, c’est vrai. Notre relation s’est construite un peu différemment. Nous nous connaissions déjà, nous partagions certaines idées et envies pour ces municipales, et nos échanges se sont faits de manière plus naturelle, plus directe.
Avec la candidate, il y a une vraie complémentarité. Elle apporte quelque chose de différent, elle fait réfléchir autrement. On ne pense pas toujours pareil, mais on arrive toujours à trouver un terrain d’entente. C’est un long chemin et il ne sera pas un long fleuve tranquille, mais c’est ce qui rend l’aventure intéressante.
Comment cette dynamique d’échange se traduit-elle concrètement ?
On discute beaucoup, parfois dans des moments très simples : un trajet en voiture, un déjeuner, une réunion informelle. Ces temps permettent de prendre du recul et de réaligner nos idées. Ce que j’apprécie, c’est qu’on cherche vraiment à partager une vision commune, à parler d’une seule voix, sans gommer nos différences. Chacun met un peu d’eau dans son vin, mais sans se renier. C’est, à mon sens, la clé d’un collectif solide.
“On ne pense pas toujours pareil,
mais on arrive toujours à trouver un terrain d’entente.”
Vous insistez souvent sur la notion de “collégialité”. Comment cela s’est-il incarné dans la construction de la liste ?
Dès les premières réunions, nous avons voulu que chacun trouve sa place.
J’ai veillé à ce que tout le monde puisse s’exprimer, sans se sentir dominé ou jugé. L’idée, c’est que personne ne soit “chef”, que toutes les voix comptent. C’est une posture que je tiens aussi de mon expérience professionnelle : je dirige un réseau qui a beaucoup grandi ces dernières années parce qu’on a su s’ouvrir à d’autres horizons. Quand chacun se sent légitime pour parler, la dynamique devient naturelle. C’est pareil pour la liste : on veut démarrer à 29 et finir à 29. Et si on est élus, que chacun garde l’énergie du départ et le sentiment d’avoir vraiment contribué.
Dans une campagne, les tensions internes sont inévitables. Comment les gérez-vous ?
On essaie toujours de revenir à la discussion. Mais ce n’est pas simple : les relations humaines, c’est vivant, ça bouge, et parfois ça bouscule. Il y a eu des situations où la communication n’a pas été fluide, où des décisions ont été mal comprises. Ce sont des moments qui rappellent combien la qualité relationnelle n’est pas un slogan, mais un vrai travail. Personnellement, j’essaie de garder du recul. J’ai souvent le rôle d’intermédiaire, de “tampon”, pour que les choses ne dégénèrent pas. Mais tout ne se règle pas toujours comme on le voudrait. Ce qui compte, c’est de rester dans l’écoute, même quand c’est difficile.
“La qualité relationnelle n’est pas un slogan, mais un vrai travail.”
Vous parlez de “qualité relationnelle”. Qu’est-ce que cela change, selon vous, dans la manière de faire de la politique locale ?
C’est une démarche exigeante, qui demande du temps et de la sincérité.
Notre tête de liste y croit profondément, elle incarne cette proximité avec les habitants, parfois même un peu trop à mon goût (sourire). Elle est très présente, très accessible. D’autres lui disent qu’elle n’en a pas besoin, qu’elle est déjà connue. Mais je comprends sa volonté : c’est une manière de montrer qu’elle est là, vraiment, pour les gens. Moi, j’ai un tempérament plus réservé. J’essaie d’équilibrer : faire, mais sans trop faire. La complémentarité entre nos deux postures crée un certain équilibre dans l’équipe.
Vous évoquez aussi des difficultés liées à la concertation dans d’autres instances locales…
Oui, et c’est révélateur. Que ce soit sur un budget, un projet technique ou un conflit local, la méthode reste la même : il faut se parler avant d’agir. Trop souvent, on prend des décisions sans associer ceux qui seront impactés. Dans une petite commune, c’est une erreur. Pour moi, la base, c’est de réunir les personnes concernées, de comprendre le problème ensemble et de chercher une solution partagée. Qu’il s’agisse d’un désaccord entre élus, d’une tension de voisinage ou d’un projet d’aménagement, on doit toujours planter le décor avant de décider. Sinon, on perd la confiance.
“Trop souvent, on prend des décisions sans associer ceux qui seront impactés.
Dans une petite commune, c’est une erreur.”
Finalement, qu’est-ce que vous retenez de cette expérience collective ?
Qu’il n’y a pas de politique locale sans lien humain. On peut avoir le meilleur projet du monde, si les gens ne se sentent pas écoutés, ça ne fonctionne pas. Cette campagne, c’est un apprentissage collectif. On tâtonne, on s’ajuste, on discute beaucoup. Et c’est tant mieux. Parce que si on arrive à garder cet état d’esprit, cette envie de faire ensemble, même dans la divergence, alors on aura déjà gagné quelque chose, quelle que soit l’issue du vote.

